vendredi 31 octobre 2003
Par Lion,
vendredi 31 octobre 2003 à 22:35 :: In Vivo
Je regardais les gens attendre avec anxiété au pied des quais.
Il n'y a pas si longtemps, j'étais l'un d'eux espérant ma Belle perdue, les jambes tremblantes d'impatience; l'échine parcourue d'un doux frisson tel un enfant à l'approche de Noël.
Je repère deux jeunes filles et me prends à faire des paris sur l'Etre attendu.
L'Une aux mèches blondes, décontractée, pantalon pattes d'éléphant noir, manteau beige, un visage jeune aux traits fins, des yeux clairs, trépignante.
L'Autre brune, élégante, manteau noir, chemise blanche, bottes noires, une grande classe réhaussée par un visage étonnamment doux et longs cheveux sombres noués en une queue de cheval lui dévoilant la nuque.
Mes yeux voguent au gré de la foule qui s'amasse au rythme régulier des départs et des arrivées. Là, une petite bande de jeunes s'esclaffent, des gens se reconnaissent, s'embrassent ; ici un père barbu porte le bagage électronique de son fils.
Puis mon regard se porte à nouveau sur les deux créatures "en attente". L'Une est désormais dans les bras d'un jeune homme frêle aux cheveux hirsutes; ils resteront enlacés longtemps, son regard pétillant de larmes de joie. L'Autre retrouve une amie, embrasse l'air à son oreille, puis sur une remarque se met à faire un tour sur elle-même, son manteau virevoltant et dévoilant furtivement par le biais d'une jupe mi-longue fendue, le haut de ses cuisses et une paire de bas noirs.
Je me détourne, ruiné par mes paris solitaires perdus.
Un jour aussi, une jeune fille m'attendra sur le quai de la gare.
Ce jour-là, je serai heureux.
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jeudi 30 octobre 2003
Par Lion,
jeudi 30 octobre 2003 à 23:17 :: In Vivo
En vrac :
Voilà, je m'apprête à rentrer sur la capitale, j'attends la réponse pour mon taff (c'est en cours, ils ont apprécié que je rappelle pour demander l'état d'avancement de leur décision); dimanche par un concours de circonstance et moyennant ma célèbre naïveté/bonté naturelle, j'accueille dans mon palace de 20m² une amie de ma cousine qui cherche à se loger sur Paris durant son stage de 3 mois. Je ne l'ai jamais vu, je suis un ours, je n'ai pas vu l'ombre d'une petite culotte depuis bientôt ... pfff trop ... j'ai intérêt à ne pas laisser mes yeux d'homme en manque traîner, ça ferait du mal à ma réputation et à surtout à mon égo. Ne suis-je point surnommé le "Gentleman" ?
Mes deux jours avec Papi ont été un mélange de joie, de bonheur et de souffrance, quand ses médicaments à base de morfine ne font plus effet c'est un autre homme, reclus, pleurant, conscient de ses derniers moments. Autrement, il reste égal à lui-même, confident, blagueur, parfois perdu. Dans les deux cas, il n' a de cesse de me parler à coeur ouvert, morceaux choisis :
- "Tu as toujours été mon bâton de vieillesse."
- "Même si tu es loin, je sais que tu es toujours avec moi, là (montrant son coeur)."
- " Je suis la lanterne rouge, tous les matins je regarde si je suis encore allumé."
- " J'arrive sans terreur au terme du voyage." - (citant une tirade Guillaume Tell)
Et ma préférée, celle qui me fait me lever tous les matins :
- "La vie c'est rire tout le temps, faire la gueule c'est mourir un moment."
Mon modèle, mon autre Moi, tellement de choses dans nos yeux, je suis parti serein.
Les parasites sont partis, laisser tanquille mes grands-parents, qu'ils profitent de ces derniers moments ensemble.
Je reviendrai même dans les pires moments, ma famille sachant la nature de notre relation se refuse de me le laisser voir en pleine déchéance.
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